La base de tout système familial, c’est l’Amour Universel
Inconsciemment, nous tentons de soulager quelqu’un du système familial, en prenant la même souffrance sur soi.
Par exemple, le père a un accident de voiture et souffre de la hanche, le fils aussi, car il croit inconsciemment que la douleur de son père s’allègera si lui aussi la porte. C’est exactement cet amour qui nous fait porter inconsciemment les destins d’autres membres de la famille, avec la dynamique « plutôt moi que toi », « je le porte pour toi, pour te soulager et équilibrer ta situation problématique». Cependant, le soulagement de cette manière n’est pas possible, car même si je porte la même charge, l’autre continuera à la porter aussi, donc cela ne sert à rien. Cette façon de voir, de croire que l’on peut soulager l’autre de sa charge, est un amour infantile, qui doit être transformé en un amour conscient.
La loi d’appartenance
Le plus grand désir d’un enfant, c’est d’appartenir au clan, à la famille. Il en découle une forme de loyauté et de fidélité très forte à son système. Cette loyauté nous empêche souvent de faire des choses qui ne correspondent pas aux valeurs ou au vécu de notre famille.
Car si nous le faisons différemment, nous avons la sensation de trahir la famille, le système, et par conséquent, nous avons peur de ne plus appartenir à la famille ou d’en être exclu. En ce sens, en faisant comme les parents ou en répondant à leurs attentes ou à celles du système familial, nous sommes fidèles et nous maintenons l’appartenance. Cette dynamique nous empêche de dépasser les croyances, les comportements limitatifs du système familial. Et cela limite nos multiples possibilités d’évoluer dans la vie.
Par exemple : un enfant d’une famille d’ouvriers qui, peut-être, a du mal à faire des études par peur de surpasser, de réussir mieux que les parents.
Autres exemples : cette peur inconsciente de trahir et de ne plus appartenir peut aussi influencer la réussite dans les relations, amoureuses ou autres, ainsi que dans la vie professionnelle ou la santé.
La loi de la place juste
Chacun dans son système familial occupe la place qui lui correspond. Cela est vrai pour les membres actuels de la famille, comme pour les ancêtres. Personne ne doit être exclu. Si pour une raison ou une autre, quelqu’un a ou a été exclu, cela a des répercussions très lourdes dans le système familial. Il arrive fréquemment qu’un membre de la famille actuelle porte, endosse le destin d’un ancêtre du système. Dans ce cas, on parle d’intrication, ou même d’identification.
– L’identification : la personne n’est plus vraiment elle-même, car elle est mise en lieu et place de se substituer à cet ancêtre.
Par exemple, la grand-mère était exclue du système, car elle a été amoureuse d’un homme marié. La petite fille vit alors des expériences d’exclusion dans sa famille, et ne comprend pas pourquoi. C’est en fait, parce qu’elle est identifiée à cette grand-mère et porte son histoire.
– L’intrication : la personne est en partie liée avec le destin de quelqu’un d’autre. Dans ce cas, la personne est influencée par cette information, cette énergie dont elle ignore la provenance au risque de ne pas pouvoir être elle-même libre d’accomplir son chemin de vie.
L’identification et l’intrication peuvent être à l’origine du fait que la personne n’ait pas sa place dans son système familial. Si nous n’avons pas la juste place dans notre système d’origine (c’est-à-dire avec nos parents et frères et sœurs), nous ne l’aurons pas non plus dans la famille que nous avons ou allons fonder (avec conjoint, enfants). De même, dans notre travail ou dans la société, car tout est lié.
La loi de la hiérarchie
La hiérarchie dans le système familial doit être respectée. Les parents sont toujours les grands, les enfants, les petits. Les ainés se situent avant les plus jeunes. Souvent, il y a un désordre.
Par exemple, les enfants prennent le rôle d’un ou des parents (car ils sont intriqués ou identifiés avec quelqu’un d’autre). A cause de cela, la fille est à la place de la mère ou le fils à la place du père. Alors aucun n’a la place juste, et cela déclenche des relations conflictuelles, des rivalités entre père et fils, entre mère et fille. Le père ou la mère n’a pas l’autorité qui lui appartient. Pour les enfants, la charge est trop lourde, car ils n’ont pas à porter la responsabilité des parents. Dans ce cas, les enfants sont pris comme des confidents et ce n’est pas leur rôle. Ce qui se passe entre les parents ne les concerne pas.
De même, entre frères et sœurs, le plus jeune peut par exemple prendre la place de l’aîné. Et cela crée aussi des conflits.
Lorsqu’il y a des enfants mort-nés, des fausses-couches ou des avortements, eux-aussi ont leur juste place dans la hiérarchie.
Par exemple, avant l’ainé, il y avait une fausse couche ou un avortement. L’ainé n’est donc pas le premier, mais le deuxième. Ainsi, la hiérarchie dans les frères et sœurs doit être réajustée.
Souvent dans la constellation familiale systémique, nous constatons qu’un ou plusieurs représentants ne se sentent pas à leur place juste. Après l’ajustement dans la hiérarchie des frères et sœurs, le sentiment général est plus harmonieux.
La loi du donner et du recevoir
Dans chaque relation, notamment dans la relation de couple, il doit exister un équilibre entre le donner et le recevoir. Cela peut jouer sur le plan matériel, mais aussi sur le plan affectif, voire sur les deux niveaux. Si l’un des deux ne fait que donner et l’autre n’a pas le droit ou la possibilité de donner à son tour, il y a un déséquilibre qui se crée. Cela donne du pouvoir à celui qui ne fait que donner, et l’autre qui ne peut pas donner en retour a une sensation de dettes. Si le déséquilibre devient très grand, la relation finit par casser.
Par exemple, le mari fait des études longues et la femme travaille et assume les charges du couple. Le mari se sent en dette vis-à-vis de sa femme et s’il ne peut rééquilibrer le grand livre des comptes, le couple est en danger.
Il y a cependant quelques exceptions :
– les enfants ne peuvent jamais rendre aux parents ce qu’ils ont reçu. L’équilibre intervient quand eux-mêmes auront des enfants, donnant ainsi à leur tour la vie.
– Cela concerne aussi le maître et les disciples. L’équilibre se fait alors quand le disciple enseigne à son tour.
Dans certaines situations, un équilibre n’est pas possible avec la même personne. Il se fera indirectement à travers quelqu’un d’autre.
Et quelquefois, cela prend du temps avant que l’équilibre ne se fasse. Alors, éprouver de la gratitude est une façon importante d’équilibrer. Exemple : une personne a soigné attentivement quelqu’un pendant trois ans durant sa maladie. La personne malade finit par décéder. La personne ayant soigné recevra très probablement quand elle en aura besoin du soutien (affectif, financier, …).
Les enfants donneront à leur tour à leurs parents quand ces derniers vieillissent et qu’ils les accompagnent dans leur fin de vie.
La loi d’équilibre
Quand il existe un déséquilibre dans le système, celui-ci cherche naturellement à le compenser.
A chaque fois qu’une personne dans le système familial commet un acte faisant du tort à quelqu’un et ne prend pas la responsabilité de son acte et de ses conséquences, quelqu’un d’autre du système doit « payer la dette » pour régler les choses. Souvent les plus jeunes, les « derniers arrivés », portent cette charge par amour, pour équilibrer. Cela conduit à une identification, une intrication ou à l’expiation d’une faute.
Dans le cas d’un abus sexuel (inceste), celui qui a commis l’acte ne prend souvent pas la responsabilité. Cela a pour conséquence une répétition sur plusieurs générations de cette thématique autour de l’abus sexuel ou du sentiment d’être abusé. Il arrive qu’une génération ne soit pas concernée, mais la mémoire reste présente et continue d’influencer le système.
Le travail avec la constellation familiale systémique permet de stopper cette répétition. En effet, la constellation permet de trouver, avec l’aide des représentants, l’origine du traumatisme dans le passé. Le « bourreau » est mis face à la « victime ».
Un travail de prise de responsabilité et de réconciliation entre le « bourreau » et la « victime » est alors fait.
Crédits : Nathalie Maldjian
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